Vet’inspiration

« Quels sont pour vous les 3 principaux éléments qui donnent du sens à votre travail ? »

Le travail n’a pas de sens en tant que tel. Par contre certains aspects de mon travail, certaines actions que je mène lui donnent du sens : sauver des animaux, participer au bonheur des propriétaires en prévenant les maladies de leurs animaux, diminuer la souffrance animale, permettre de produire du lait de qualité pour nourrir la planète, faire naitre un veau, éviter les épidémies et leurs conséquences de santé publique, …

Aucun métier, hélas, n’est constitué que d’actions qui font sens. Cependant identifier ce qui fait sens à titre personnel est une première étape indispensable pour nourrir sa motivation pour son travail. Et ainsi permettre de prendre davantage conscience du plaisir vécu en réalisant ces tâches.

« Pourquoi jugez-vous sans valeur ce que vous faites facilement ou qualifiez-vous de « normal » ce que vous faites de manière habituelle ? »

Le ressenti est que ce que nous faisons facilement, sans grand effort est sans valeur. Il en va de même pour des tâches routinières pour lesquelles vous considérez personnellement que le résultat obtenu est « normal », obtenu sans aucune difficulté. Alors que cela n’est probablement pas le cas pour de très nombreuses personnes, et peut être pour des collaborateurs qui occupent le même poste que vous. Comment expliquez-vous cela ? Et s’il fallait se mettre une note sur 10, combien vous attribueriez vous pour ce résultat ? Comment tenez-vous compte de la rapidité de réalisation et de la fiabilité du travail accompli ? De quoi auriez-vous besoin pour en prendre conscience ? N’en est-il pas de même pour certains de vos collaborateurs ? Votre jugement sur vos propres réalisations ou sur celles de vos collaborateurs est biaisé et un résultat obtenu régulièrement au niveau de l’attendu n’est pas sans valeur.

« Quelles sont les hypothèses que vous vous apportez et qui vont à l’encontre de votre performance ? »

Nous sommes régulièrement confrontés à des croyances personnelles qui peuvent se révéler limitantes dans l’atteinte de certains objectifs. « Je n’y arriverai jamais » « Je ne suis pas capable de le faire de manière optimale » « Ce métier n’est vraiment pas fait pour moi ». Elles vont non seulement provoquer un risque de démotivation de se lancer dans la culture de la performance, mais aussi générer une probabilité supplémentaire d’échouer. Et donc finalement de nourrir sa croyance. « Qu’est ce qui me pousse à penser que je n’y arriverai pas ? » «  Est-ce vraiment vrai ou est-ce ce que je le crois ? » « Comment faire pour me donner tous les moyens d’atteindre la performance souhaitée ? ». Identifier ses propres croyances limitantes, bloquantes est un premier pas pour oser, pour essayer, pour s’autoriser et donc pour finir par réussir.

« Qu’est-ce que vous a appris la peur de venir au travail pendant la crise COVID 19 ? »

Toute émotion a quelque chose à nous dire. Elle n’est jamais négative, même si elle peut être agréable (joie) ou désagréable (peur, colère, tristesse). Elle est une occasion pour mieux comprendre son propre mode de fonctionnement. C’est pourquoi il est important de l’honorer ! C’est-à-dire de ne pas vouloir inutilement la refouler, mais au contraire d’en prendre conscience, de l’accueillir et de l’écouter. Non pour la suivre mais au contraire pour mieux s’en détacher en réfléchissant au besoin auquel elle nous renvoie. Si votre peur était de provoquer la contamination de vos collaborateurs, vous avez donc besoin probablement d’être considéré. Si votre peur était de tomber personnellement malade, votre besoin est à chercher du côté d’un besoin important de sécurité et de se sentir vivant. Honorer son émotion, la décortiquer permet de mieux cerner ses modes de fonctionnement intimes.

« A quelle mission allez-vous consacrer le temps que vous arriverez à économiser dans votre journée de travail ? »

Le manque de temps est une perception très largement partagée. Optimiser son temps est donc un espoir de nombreux collaborateurs. Mais c’est une action qui demande souvent des efforts. Et donc la motivation pour gagner du temps dépend de la perception qu’ont les collaborateurs de ce qu’ils feront à la place, de qu’ils pourront réaliser grâce à ce temps supplémentaire. Être capable de décrire précisément à quoi et en quoi ce temps récupéré sera utile est une première étape pour se motiver à remettre en cause ses façons de fonctionner. Ensuite l’envie de passer à l’action sera le filtre pour engager véritablement le changement.