Travaillez sur votre raison d’être est un moyen de trouver du sens à son travail – pistes de réflexion

Par le Docteur vétérinaire Philippe Pernod – Ergone

Le pire serait bien de passer sa vie à la gagner (d’accord ?)

Le consensus heureux : Pourquoi viens-tu ici le matin ?  je me lève pour jouer la mission de l’entreprise : on se lève pour être heureux = c’est toujours ce que j’ai voulu faire.

Je fais vétérinaire, je suis vétérinaire : est-ce différent ? 

A quoi je contribue avec ma clinique, mon équipe ? pour l’animal, pour la société, pour mes clients, pour mes salariés … ?

Il y a une fable attribuée à l’écrivain Charles Péguy que je trouve très belle : la fable des casseurs de cailloux. 

En se rendant à Chartres, Charles Péguy aperçoit sur le bord de la route un homme qui casse des cailloux à grands coups de maillet. Les gestes de l’homme sont empreints de rage, sa mine est sombre. Intrigué, Péguy s’arrête et demande :

  • « Que faites-vous, Monsieur ? »
  • « Vous voyez bien », lui répond l’homme, « je casse des pierres ». Malheureux, le pauvre homme ajoute d’un ton amer : « J’ai mal au dos, j’ai soif, j’ai faim. Mais je n’ai trouvé que ce travail pénible et stupide ».

Un peu plus loin sur le chemin, notre voyageur aperçoit un autre homme qui casse lui aussi des cailloux. Mais son attitude semble un peu différente.  Son visage est plus serein, et ses gestes plus harmonieux.

  • « Que faites-vous, Monsieur ?», questionne une nouvelle fois Peguy.
  • « Je suis casseur de pierre. C’est un travail dur, vous savez, mais il me permet de nourrir ma femme et mes enfants. »

Reprenant son souffle, il esquisse un léger sourire et ajoute : « Et puis allons bon, je suis au grand air, il y a sans doute des situations pire que la mienne ».

Plus loin, notre homme, rencontre un troisième casseur de pierre. Son attitude est totalement différente. Il affiche un franc sourire et il abat sa masse, avec enthousiasme, sur le tas de pierre. Pareille ardeur est belle à voir !

  • « Que faites-vous ? » demande Peguy
  • « Moi, répond l’homme, je bâtis une cathédrale ! »

La morale de cette histoire :

Le fait est le même, l’attribution du sens au fait est totalement différente. Et cette attribution du sens vient de notre propre histoire, de nos croyances et de notre contexte social. L’entreprise, par ses dirigeants, peut véhiculer, inoculer le sens chez tous ses collaborateurs. Quand on a une cathédrale dans la tête, on ne casse pas les cailloux de la même manière.

Trouver ce qui vous fait lever le matin, et levez-vous heureux !

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